Herbe de la pampa interdite en France

L’herbe de la pampa, connue sous le nom botanique Cortaderia selloana, a longtemps été une star des jardins et des décos “bohèmes”. Problème : c’est une espèce exotique envahissante capable de se propager et de déséquilibrer certains milieux naturels. En France métropolitaine, son statut a donc basculé : elle figure désormais sur la liste des espèces réglementées, et les règles qui vont avec sont claires.

Ce que dit la loi exactement sur l’herbe de la pampa ?

En France métropolitaine, l’encadrement passe par l’arrêté du 14 février 2018 (espèces végétales exotiques envahissantes), mis à jour. Cet arrêté interdit, pour les espèces listées en annexe, une série d’actions sur les “spécimens vivants” : introduction, détention, transport, utilisation, échange, mise en vente, vente, achat, etc.

Point important que beaucoup ratent : l’arrêté définit “spécimen vivant” de façon large, incluant fructifications et propagules (donc tout ce qui peut disséminer, typiquement des graines).

Pour l’herbe de la pampa, la mise à jour la fait apparaître en annexe (Cortaderia selloana), avec une version en vigueur depuis le 7 avril 2023 (publication au JORF du 6 avril 2023).

Interdite… ça veut dire quoi pour un particulier

Concrètement, ce qui vous met dans le rouge, ce n’est pas “aimer les plumeaux”, c’est détenir / planter / déplacer / donner / vendre une pampa vivante (et plus largement, faire circuler des éléments capables de se propager).

Autre nuance utile : des ressources pro rappellent que la réglementation nationale n’impose pas automatiquement une obligation de lutte (type “vous devez arracher sous X jours”), mais ça ne rend pas la détention “ok”. Dans les faits, si vous en avez, la voie la plus propre est de la supprimer pour éviter tout risque de dissémination et de non-conformité.

Sanctions possibles si vous ne respectez pas l’interdiction de l’herbe de pampa

Le Code de l’environnement (L415-3) prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende pour certains faits, notamment le fait de transporter, mettre en vente, vendre/acheter, ou introduire une espèce en violation des règles.

En pratique, tout dépend du contexte (contrôle, volume, intention, récidive, propagation réelle, etc.). Mais sur un site e-commerce ou dans une logique “je vends/j’échange”, le risque est évidemment plus direct.

Que faire si vous en avez déjà dans votre jardin

L’objectif est simple : stopper la dissémination, puis éliminer durablement.

  • 1) Empêcher la montée à graines : si votre pampa fait des plumeaux, coupez-les avant qu’ils ne se dégradent et ne dispersent. Manipulez avec gants et vêtements couvrants (feuilles coupantes).

  • 2) Ne pas “déplacer le problème” : évitez de transporter des plumeaux/parties susceptibles de porter des graines, et ne jetez jamais dans la nature. La définition de “spécimen vivant” inclut ce qui peut se propager.

  • 3) Arrachage : la solution la plus fiable reste l’extraction de la touffe et des racines. Sur un gros sujet, c’est souvent pénible → un pro peut être pertinent.

  • 4) Gestion des déchets : suivez les consignes de votre déchèterie/collectivité (les filières varient). L’idée générale : éviter compost/paillage si présence de graines, et éviter tout envol pendant le transport.

Si vous êtes dans une zone sensible (littoral, dunes, friches, proximité d’espaces naturels), soyez encore plus strict : c’est là que la propagation est la plus problématique.

Alternatives crédibles pour garder l’effet “pampa”

Si votre objectif est le style (volume + plumeaux + ambiance déco), vous n’êtes pas obligé de rester accroché à une espèce réglementée.

Alternatives végétales (jardin)

Selon le rendu souhaité : Miscanthus (souvent cité comme alternative), Stipa, Panicum, Calamagrostis… À choisir en jardinerie sérieuse, et en vérifiant l’adaptation à votre climat et l’absence de statut invasif local.

Alternative la plus simple pour la déco (intérieur)

Pour une utilisation en vase, scénographie, boutique, shooting produit : l’herbe de pampa artificielle est la solution la plus “zéro prise de tête” :

  • aucun risque de graines / dissémination

  • aucun entretien

  • rendu stable (pas de chute, pas de décoloration rapide)

  • compatible avec toutes les pièces (même humides)

C’est le bon endroit pour placer vos produits : vous répondez à la demande esthétique sans zone grise liée aux “fructifications/propagules”.

À retenir

  • Oui, l’herbe de la pampa est réglementée en France métropolitaine, via la liste EEE (Cortaderia selloana).

  • Interdiction : détenir, transporter, vendre/acheter des spécimens vivants (définition large).

  • Risque pénal possible (jusqu’à 3 ans / 150 000 € selon les faits).

  • Solution la plus propre : enlever la plante et basculer sur une alternative, idéalement pampa artificielle pour la déco.